Photo d’illustration: benbere.org


Voici venues les vacances où élèves et étudiants sont, durant trois mois, au four et au moulin. Pour les uns, trouver un job de vacance est facultatif mais pour d’autres, par contre, il y va de leur survie et de leurs prévisions pour la rentrée prochaine. Ainsi, la période des vacances est l’occasion pour beaucoup de travailler et de se faire des économies.

Après 8 mois de classes à alterner cours et devoirs, étudiants et élèves sont impatients que se lève le soleil des vacances tant attendues. Si pour certains les vacances sont synonymes d’aventures, de plaisir et de voyages en famille, pour les autres symbolisent l’opportunité de travailler soit dans les champs de leurs parents soit dans une quelconque entreprise, ou boutique en vue de faire des économies pour la rentrée prochaine. Ces paradoxes, résultantes des inégalités sont belles et bien des réalités vécues au quotidien par de nombreux jeunes scolarisés.

Economiser pour faire face aux charges des études

Un certain nombre d’élèves et d’étudiants ont le double devoir de donner du répit à leurs méninges et d’accroitre leurs activités physiques pour se prendre en charge. Ils sont nombreux à sillonner une fois les vacances venues, les rues et artères de la ville à la recherche d’une activité périodique. C’est à cet effet que de nombreuses jeunes filles et garçons s’adonnent à des activités de commerce dans les différents marchés de la ville. Même si beaucoup sont exploités, certains arrivent à payer leurs scolarités ou leurs fournitures à la rentrée.

Selon Assami Sawadogo, commerçant au marché du ‘‘10 yaar’’, ces filles et garçons pullulent dans le marché pendant les vacances. Il affirme que même si certains travaillent pour leurs propres parents, nombreux sont ceux qui viennent à l’aventure, espérant être embauchés pour être rétribués soit mensuellement soit de façon quotidienne. C’est le cas de Samira Ouédraogo, jeune étudiante qui, à chaque période de vacances, se trouve toujours un boulot à faire afin de pouvoir prendre soin d’elle-même et d’aider ses parents. Cette année, elle s’occupe d’un point de transfert Orange Money. Elle nous a confié être, un tant soit peu, soulagée par ce que lui rapporte son activité ; elle lui permet de préparer sa rentrée scolaire avec les économies qu’elle parvient à faire.

Daouda Sawadogo, étudiant en 2e année Géographie

Certains sont à leur propre compte, loin des rejets

Cependant, certains commerçants refusent d’embaucher les élèves et étudiants, prétextant que ces derniers ne durent pas et ne sont pas dignes de confiance. À cet effet, Assami Sawadogo a signalé que certains commerçants ont vécu de mauvais exemples avec les élèves et étudiants. Par ailleurs, d’autres étudiants, à l’instar de Daouda Sawadogo, ont déjà leurs petites activités personnelles (boutiques, télécoms, ateliers) ; ils consacrent le plus clair de leur temps de vacances à la gestion de leurs petites structures et petits commerces.

Étudiant en deuxième, année de géographie, Daouda Sawadogo explique la nécessité de mener des activités parallèles pendant les vacances : « je gère la cabine pour pouvoir subvenir à mes besoins et avoir l’argent de mon carburant ».  Ce dernier, gérant de boutique de vente et de réparation d’appareils portables couramment appelé « télécom », dit faire plus de recettes pendant les vacances grâce à sa disponibilité.

A côté de cette frange adepte des jobs-Vacances, il y a celle paysanne composée de ces nombreux autres élèves et étudiants qui, pendant les vacances, se consacrent aux travaux champêtres avec leurs parents afin de contribuer à leur manière, aux besoins de leurs familles. En tout état de cause, c’est un esprit qu’il faut promouvoir chez les apprenants en vacances, qu’ils soient des villes ou des campagnes.

Rachid Ouédraogo