La technologie au cœur de l’indépendance réelle et totale de l’Afrique


Par Amon Bazongo

amonmoce@gmail.com

Avant de parler de technologie, il est bien de savoir pourquoi il faut le faire, comme nous le conseille Simon SINEK dans son ouvrage “Start with Why”. La technologie et sa maitrise sont des questions hautement socio-économiques et géopolitiques et donc des questions intimement liées au développement et à l’indépendance des pays africains. Le brillant Tidjane THIAM l’exprime autrement en ces termes : “des matières premières dans votre sous-sol dont vous ne maitrisez pas la technologie nécessaire pour les extraire n’ont aucune valeur”. Prenons un exemple d’actualité. Les technologies aérospatiales (drones, satellites) dont ont besoin le Burkina Faso et les autres pays de la sous- région du Sahel dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme obligent aujourd’hui ces pays à collaborer avec certaines forces militaires étrangères (France, Allemagne, Etats-Unis, …) qui n’ont plus la faveur de la jeunesse de plus en plus politiquement panafricaniste. Si l’on maîtrisait seulement ces technologies, l’on pourrait contrôler la collecte et/ou la transmission d’informations sensibles, contrôler l’organisation et l’exécution rapide et efficace d’opérations à distance et aussi contrôler le renseignement sur les zones difficiles d’accès. Cela va réduire notre dépendance aux aides militaires controversées. Toutes les technologies sont importantes à maitriser certes, mais il y a des technologies qui sont plus créatrices de richesses que d’autres. Pour le savoir, il suffit de regarder la liste des 10 plus grandes entreprises du monde de Décembre 2021, par capitalisation boursière. 70% de cette liste est constituée d’entreprises de l’économie numérique avec un top 3 bien connu: Apple, Microsoft, Google, toutes créées après 1975. Dans ce top 10, la plus jeune entreprise aura 18 ans en 2022 (Facebook devenu Meta). Ce qui veut dire qu’en moins de 20 ans, une seule entreprise peut générer plus de 2 fois toute la richesse du Nigeria (1re puissance économique africaine) avec 1 seul domaine d’activité (plate-forme de réseau social). Mieux, cette jeune entreprise décide en 2021 de totalement changer de direction en face d’une opportunité encore plus grande (1000 milliards Dollars Américains) : c’est le Metaverse, un espace de création qui annonce les couleurs de la prochaine version d’Internet, la 3.0. L’enjeu est trop énorme pour que l’Afrique ne s’implique pas. L’internet 3.0 est un condensé de technologies qui existent déjà : l’intelligence artificielle, la blockchain, la réalité virtuelle, la 5G, les satellites, les objets connectés, le web, le mobile, etc. Cependant, ce qui donne le 3.0 à l’internet des prochaines années, c’est bien la blockchain. Nelson Mandela disait dans sa lettre à l’icône de la mode africaine, Pathé Ouédraogo : “l’Afrique de demain appartient aux créateurs de richesse”.


Bio

Amon Moce Rodolphe BAZONGO est consultant en Intelligence Artificielle et Blockchain au Mozambique où il est actuellement installé. C’est en 2020, qu’il entame une carrière d’ingénieur en Intelligence Artificielle à Taïwan au début de la pandémie de covid. Malgré sa casquette de scientifique, il est passionné de littérature et participe depuis son lycée à la rédaction du journal école. Deux ans après l’obtention de son baccalauréat série C obtenu au Lycée Mixte de Gounghin, il fait des études en génie électronique à l’Université Polytechnique de Bobo-Dioulasso actuelle Université Nazie Boni. Amon Moce Rodolphe BAZONGO décide de poursuivre ses études universitaires à Taïwan mais anime parallèlement une chronique dans le média en ligne Burkina 24. Ses écrits sur son blog qu’il a créé lui permettent de remporter en 2018, le trophée du meilleur blog lors de la Semaine nationale de l’Internet.