La Direction générale des impôts (DGI) a procédé au lancement officiel d’une nouvelle facture à l’usage des entreprises : la facture électronique certifiée (FEC) dont le début d’application est prévu pour juillet 2026. Le mardi 6 janvier 2026, la cérémonie présidée par le ministre de l’économie et des finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a réuni les acteurs économiques, les membres et responsables de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), structure partenaire de mise en œuvre de cette innovation.

« Cet acte n’est pas neutre ; il est politique, patriotique et profondément révolutionnaire. Aujourd’hui, nous entrons dans l’ère de la donnée fiable, de la transparence assumée et de la responsabilité partagée », a clamé le ministre Aboubakar Nacanabo. Pour lui, la FEC est “un outil qui va moderniser le monde des affaires (…), un levier puissant pour renforcer les recettes nationales”. Au regard des chantiers engagés par le Burkina Faso, outre les efforts déployés dans la lutte contre le terrorisme, il importe de mobiliser davantage de ressources « souveraines ».

Ainsi, s’est-il voulu clair, « nos recettes propres ne sont pas des chiffres abstraits. Elles sont les carburants de la souveraineté, la condition d’un Burkina Faso debout, maître de son destin ». En tant que citoyen, tout Burkinabè doit se sentir concerné car « exiger une facture certifiée, c’est poser un acte de civisme ».

Une dynamique constante de digitalisation
Eliane Talato Djiguemdé/Ouédraogo, DG des impôts- ©DGI

En effet, si la facture normalisée, opérationnelle depuis 2017, a eu pour ambition de limiter la fraude fiscale, il faut reconnaitre que « le dispositif a progressivement montré ses limites ». C’est ce qui fait dire à la Directrice générale des impôts, Eliane Talato Djiguemdé/Ouédraogo, qu’« il est ainsi apparu nécessaire d’opérer une transition vers un système plus moderne, plus sécurisé et plus performant » qui est la facturation électronique certifiée.

« La réforme de la FEC s’inscrit dans un contexte de modernisation profonde de notre administration fiscale », a-t-elle rappelé avant de saluer l’engagement du gouvernement burkinabè qui a permis qu’en trois ans, ce soit la 6e plateforme digitale qui voit le jour dans le domaine fiscal. Tout en précisant qu’il s’agit d’une réforme « conçue avec les entreprises et pour les entreprises », elle a souligné qu’elle est « nécessaire, opportune et irréversible ».

La réforme FEC, de nouvelles charges ou contraintes pour les entreprises ?

« Nous appelons l’ensemble des acteurs économiques (…) à se mobiliser et à faire de la FEC leur outil de facturation », a lancé Roland Achille Sow, Président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF. Si certains contribuables redoutent une nouvelle charge financière pour leurs entreprises, ils ne devraient pas, rassure-t-il : “la FEC n’est pas un nouvel impôt, n’est pas une nouvelle taxe”.

Mieux, cette réforme doit constituer le fondement d’une « relation commerciale plus saine, plus fluide et plus crédible entre les entreprises, les artisans, les partenaires commerciaux et l’administration publique du Burkina Faso », foi de Roland Sow. Pour que cela soit une réalité, il y a une campagne de communication prévue à l’endroit de tous les acteurs afin que la transition vers cette facture soit une réussite.

La mise en œuvre de la FEC

Pour que l’adoption de la FEC soit effective dans les années, un plan de mise en œuvre progressive est prévu aussi bien par le ministère de tutelle que par la DGI et la CCI-BF. « Nous allons déployer nos équipes pour qu’elles puissent faire la sensibilisation, la formation et accompagner techniquement les entreprises », a annoncé le ministre qui veut que cette mise en œuvre de la FEC soit « très aisée » et « que chaque facture certifiée devienne un acte patriotique, une pierre posée sur le chantier d’un Burkina Faso souverain, prospère et tourné vers l’avenir ».

De son côté, la DGI s’engage fermement « à accompagner l’adoption de cette réforme auprès des usagers ». La première responsable attend de ces derniers qu’ils fassent de la FEC « un succès national au service de la justice fiscale, de la compétitivité économique et du développement durable de notre pays ». Quant à la CCI-BF, aux dires de son représentant, elle veut « permettre une transition sans rupture » à travers un programme de formation certifiante adaptée à chaque catégorie d’entreprises.

De manière pratique, selon leur niveau de formalisation, tous les profils de contribuables auront à leur disposition les outils adéquats dont les modalités d’acquisition et d’utilisation seront communiquées en temps opportun. Mais déjà, selon les prévisions de la DGI, avec l’implication de tous, à la date du 1er juillet 2026, la FEC sera obligatoire pour les entreprises sous le régime normal d’imposition (RNI) au Burkina Faso.

Davy Soma